Histoire et expériences autochtones à Banff
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Histoire et expériences autochtones à Banff

Réponse rapide

Sur le territoire de quels peuples se trouve le parc national de Banff, et comment les visiteurs peuvent-ils s'informer avec respect ?

Le parc national de Banff se situe en territoire du Traité 7, terre des Stoney Nakoda (Îyârhe Nakoda), de la Confédération des Pieds-Noirs (Siksika, Kainai, Piikani) et de la nation Tsuut'ina, tandis que la nation Ktunaxa détient un territoire du côté de la Colombie-Britannique, autour de Yoho et Kootenay. Le Buffalo Nations Luxton Museum et un petit nombre de visites et d'événements culturels menés par des Autochtones restent aujourd'hui les moyens les plus directs de s'informer sur cette histoire à Banff.

La terre sous la carte postale

Chaque lac turquoise, chaque tour en télécabine et chaque bain de source chaude évoqués ailleurs sur ce site se trouvent sur une terre dont l’histoire remonte à des milliers d’années avant que « Banff National Park » ne devienne un nom sur une carte. Cette histoire ne s’est pas arrêtée à la création du parc, et elle ne s’est pas arrêtée depuis. Ce guide présente qui détient un territoire ici, ce qui s’est passé lors de la fondation du parc, et où les visiteurs peuvent réellement s’engager avec cette histoire aujourd’hui, plutôt que d’en lire un simple résumé sur une plaque.

Ceci n’est pas une digression par rapport à la préparation d’un voyage à Banff. Cela fait partie de la compréhension du lieu, tout comme savoir quand les lacs dégèlent ou comment fonctionne la promenade des Glaciers fait partie de la préparation d’un voyage ici.

À qui appartient ce territoire

Le parc national de Banff se trouve en territoire du Traité 7, signé en 1877 à Blackfoot Crossing, au sud-est de l’actuelle Calgary. Le Traité 7 couvre plusieurs nations distinctes, et il vaut la peine de les nommer individuellement plutôt que de les réduire à une étiquette générique unique.

Les nations Stoney Nakoda (Îyârhe Nakoda) détiennent un territoire qui comprend la vallée de la Bow et une grande partie de ce qui est aujourd’hui le parc national de Banff lui-même. Les Stoney Nakoda se composent de trois bandes — Bearspaw, Chiniki et Wesley — avec une réserve à Morley, le long de la Transcanadienne entre Calgary et Canmore. Le nom « Îyârhe Nakoda » se traduit approximativement par « peuple des montagnes », une description qui correspond bien au terrain qu’ils utilisent depuis longtemps pour la chasse, les déplacements et la cérémonie.

La Confédération des Pieds-Noirs — les nations Siksika, Kainai et Piikani — détient un territoire s’étendant sur les plaines à l’est et au sud des montagnes, avec un usage historique des contreforts et des cols de montagne pour la chasse et les déplacements. Le territoire de la Confédération s’étendait historiquement jusqu’à ce qui est devenu Banff et le Kananaskis, notamment le long des routes de déplacement traditionnelles à travers les chaînons frontaliers.

La nation Tsuut’ina, dont la réserve se situe juste au sud-ouest de Calgary, détient également un territoire au sein du Traité 7 et entretient des liens de longue date avec le corridor montagneux qui comprend la vallée de la Bow.

Du côté de la Colombie-Britannique de la ligne de partage des eaux — autour du parc national Yoho et du parc national Kootenay — c’est la nation Ktunaxa qui détient un territoire. Les Ktunaxa forment une nation distincte des signataires du Traité 7, avec leur propre relation aux montagnes et aux vallées de ce côté de la ligne de partage des eaux, notamment autour de l’actuelle Field et de Radium Hot Springs.

Ces nations n’ont pas disparu à l’arrivée des colons et des équipes de chemin de fer. Elles sont présentes aujourd’hui, avec leurs propres gouvernements, leurs communautés et des relations continues à cette terre — un point à garder à l’esprit partout ailleurs sur ce site où les montagnes sont traitées comme un simple décor de loisirs.

Comment la fondation du parc a croisé cette histoire

Le récit habituel de l’origine de Banff se déroule ainsi : en 1883, trois employés du Chemin de fer Canadien Pacifique tombent sur une grotte contenant des sources minérales chaudes, sur le versant sud de ce qui est aujourd’hui le mont Sulphur. Ottawa réagit rapidement, déclarant une petite réserve des sources chaudes en 1885 puis l’étendant en un parc national à part entière — le premier du Canada — dès 1887. Ce récit est exact pour ce qu’il raconte, et il s’agit d’un moment réellement significatif de l’histoire de la conservation au Canada : Banff est devenu le premier parc national du Canada et l’un des premiers au monde.

Ce que le récit habituel omet généralement, c’est ce que cette déclaration a signifié pour les nations qui utilisaient déjà cette terre. La réserve, puis le parc qui a suivi, ont été établis sur un territoire que les peuples Stoney Nakoda, Pieds-Noirs et Tsuut’ina chassaient, parcouraient et où ils tenaient cérémonie depuis des générations.

À mesure que les limites et la réglementation du parc se sont solidifiées à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, les droits de chasse traditionnels à l’intérieur du parc ont été progressivement restreints, et l’accès à des fins culturelles et de subsistance a été limité d’une manière qui n’existait pas avant la création du parc. Cela correspondait à un schéma répété dans nombre des premiers parcs nationaux du Canada, où les objectifs de conservation et la restriction ou l’éviction de l’usage autochtone du territoire allaient de pair.

Rien de tout cela n’efface la valeur du parc en tant que paysage protégé, et cela ne signifie pas que la fondation de 1885-1887 constitue un acte de dépossession isolé, distinct de tout ce qui se passait par ailleurs à l’époque des traités. Mais ce n’est pas non plus un jalon neutre et sans conséquence, et un guide qui ne fait que célébrer « le premier parc national du Canada » sans nommer qui en a payé le prix ne raconte que la moitié de l’histoire.

Buffalo Nations Luxton Museum

Le Buffalo Nations Luxton Museum se trouve sur la rive sud de la rivière Bow à Banff, près de la passerelle piétonne, et reste l’endroit le plus direct en ville pour consacrer une heure à cette histoire. Le musée est né de la collection personnelle de Norman Luxton, un des premiers colons et entrepreneurs de Banff, qui a passé des décennies à réunir des objets, des vêtements et des artefacts liés aux nations des Plaines et des Rocheuses, y compris du matériel lié aux peuples Stoney Nakoda et Pieds-Noirs.

Il convient d’être lucide sur ce qu’est et n’est pas ce musée. C’est une collection ancienne et substantielle, et pour bien des visiteurs ce sera le seul regard rapproché qu’ils poseront, lors d’un voyage dans les Rocheuses, sur des regalia, des outils et des objets du quotidien liés aux nations du Traité 7.

Mais c’est une institution fondée par un colon, constituée par un collectionneur non autochtone, plutôt qu’un musée bâti et géré par les nations qu’il représente. Cette distinction ne rend pas la visite sans valeur — c’est un point de départ raisonnable — mais c’est une chose différente d’un centre culturel géré par une nation, et les visiteurs devraient garder les deux faits à l’esprit plutôt que de confondre la collection avec une voix autochtone directe.

Deux autres musées de Banff couvrent un terrain voisin, mais sont traités dans leurs propres guides dédiés plutôt qu’ici : le Whyte Museum of the Canadian Rockies, qui se concentre sur l’alpinisme et l’histoire des colons de la région, et le Cave and Basin National Historic Site, le véritable lieu de naissance des parcs, sur le mont Sulphur.

Trouver de véritables expériences menées par des Autochtones

La question la plus difficile, et la plus utile, pour un visiteur n’est pas « où puis-je lire sur cette histoire » mais « où puis-je l’entendre de la bouche des nations elles-mêmes ». La liste est plus courte que celle des musées, et il vaut mieux se méfier du marketing en la matière : de nombreuses attractions dans les Rocheuses utilisent des mots comme « légende », « esprit » ou « authentique » dans leur nom sans le moindre lien réel avec une nation du Traité 7 ou Ktunaxa. Une visite ou un programme réellement mené par des Autochtones l’indiquera généralement clairement — en nommant la nation, et souvent le guide ou l’entreprise en particulier — plutôt que de s’appuyer sur un vague vocabulaire thématique.

À Banff même, les expériences touristiques commerciales menées par des Autochtones restent limitées par rapport au volume des visites générales proposées. Certaines visites d’histoire et promenades guidées en ville abordent cette histoire dans le cadre plus large de la fondation de Banff ; quelques opérateurs proposent des visites spécifiquement centrées sur l’histoire et les perspectives autochtones, et celles-ci méritent d’être privilégiées par rapport aux visites « d’histoire » génériques si l’objectif est d’en apprendre sur les nations du Traité 7. Demandez directement, avant de réserver, si le guide ou l’entreprise entretient une relation déclarée avec une nation en particulier.

Deux des visites d’histoire à pied réservables en ville évoquent au moins ce contexte plus large en couvrant l’histoire de la fondation de Banff :

une visite guidée à pied de deux heures à travers le centre historique de Banff

couvre la période de fondation de la ville, y compris l’époque où la réserve des sources chaudes est devenue un parc national, et constitue une entrée en matière raisonnable avant ou après une visite du musée.

une visite guidée en soirée construite autour des histoires les plus étranges de Banff

mise sur le ton « visite fantôme » mais entremêle de véritables éléments d’histoire de la ville au passage — à considérer d’abord comme du divertissement, et comme une leçon d’histoire en second lieu.

Aucune de ces deux visites ne remplace une expérience menée par des Autochtones, et aucune ne devrait être présentée ou comprise comme telle. Si une visite spécifique détenue ou guidée par des Autochtones est proposée à une saison donnée, il est plus fiable de se renseigner directement auprès de Banff & Lake Louise Tourism ou du centre d’accueil des visiteurs de Parcs Canada pour connaître la programmation actuelle plutôt que de se fier à un résultat de recherche, les petits opérateurs allant et venant d’une année sur l’autre.

Au-delà du centre-ville : territoire, faune et programmes partagés

Une part importante et substantielle de l’engagement avec cette histoire dans la région de Banff passe par la programmation de Parcs Canada plutôt que par une visite commerciale autonome. Parcs Canada a collaboré avec des membres des Stoney Nakoda sur des programmes d’interprétation, des démonstrations culturelles et des événements saisonniers ponctuels tenus sur des sites du parc — ceux-ci varient d’une année sur l’autre et se vérifient mieux auprès des centres d’accueil des visiteurs du parc, sur l’avenue Banff, plutôt que d’être supposés se tenir selon un calendrier fixe.

Il vaut aussi la peine de rattacher cette histoire au paysage lui-même plutôt que de la confiner à un bâtiment de musée. Le corridor de la vallée de la Bow, qui porte l’avenue Banff, la Bow Valley Parkway et la Transcanadienne, a servi de route de déplacement aux peuples originaires des montagnes bien avant de porter un numéro de route.

Les corridors fauniques que les visiteurs associent aujourd’hui à la sécurité face aux wapitis et aux ours faisaient, et font toujours, partie de la même terre qui a permis aux nations du Traité 7 de chasser pour se nourrir avant que le parc n’en restreigne l’usage. Apercevoir un wapiti ou un grizzly le long de la promenade n’est pas seulement un moment d’observation de la faune — c’est un aperçu de la même relation écologique, antérieure de plusieurs milliers d’années au parc.

Plus loin dans le territoire du Traité 7, Calgary abrite d’autres sites culturels, des événements et, à certaines périodes de l’année, des rassemblements liés aux communautés pieds-noires, stoney nakoda et tsuut’ina. Une excursion d’une journée qui débute à Calgary — que l’on arrive par YYC ou que l’on y repasse au retour — est une bonne façon de consacrer plus de temps à cette histoire qu’un simple après-midi à Banff ne le permet.

Ce qu’il faut réellement éviter

Quelques éléments concrets méritent d’être nommés clairement, car ils reviennent sans cesse dans la façon dont le tourisme des villes de montagne traite l’histoire et la culture autochtones.

Ne traitez pas les regalia ou l’imagerie culturelle comme un costume ou un accessoire photo. Les coiffes à plumes, le perlage et les vêtements cérémoniels présentés dans une vitrine de musée ou lors d’une démonstration culturelle ne sont pas un décor générique de ville de montagne — ils appartiennent à des nations et à des significations précises.

Ne supposez pas qu’« à thème autochtone » signifie « mené par des Autochtones ». Une visite, une boutique ou une attraction peut utiliser des noms, des images ou de vagues références à la « légende » ou à l’« esprit » autochtones sans le moindre lien réel avec une nation du Traité 7 ou Ktunaxa. Si un opérateur de visite ne nomme pas une nation précise ou une entreprise détenue par des Autochtones derrière l’expérience, supposez qu’il ne l’est pas jusqu’à preuve du contraire.

N’inventez pas de noms. Si une nation, un événement historique ou une cérémonie n’est pas confirmé ci-dessus — Stoney Nakoda (Îyârhe Nakoda), Siksika, Kainai, Piikani, Tsuut’ina et Ktunaxa sont les nations détenant un territoire dans cette zone précise — ne devinez pas un nom qui sonnerait plausible. Les noms mal attribués ou inventés causent un tort réel et sont faciles à éviter en s’en tenant à ce qui est documenté.

Ne présentez pas la fondation du parc comme sans conséquence. « Le premier parc national du Canada, établi en 1885 » est vrai. « Établi sans effet sur les peuples qui vivaient déjà ici » ne l’est pas, et un voyage à Banff est plus honnête s’il retient les deux faits à la fois.

Intégrer cela à une visite

En pratique, la plupart des visiteurs ne consacreront pas une journée entière à l’histoire autochtone à Banff, et c’est très bien ainsi — cela n’a pas besoin d’être un ajout tout ou rien. Une heure au Buffalo Nations Luxton Museum s’accorde naturellement avec une promenade le long de la rivière Bow ou un arrêt aux chutes Bow, à quelques pas seulement de l’emplacement du musée en bord de rivière.

Une visite guidée à thème historique en soirée se marie bien avec une journée par ailleurs passée au lac Louise ou sur la promenade des Glaciers. Et garder un œil sur une programmation réellement menée par des Autochtones — dans les centres d’accueil des visiteurs du parc, ou via les propres annonces d’événements du musée — ne coûte rien et fait parfois découvrir quelque chose qui vaut la peine de réorganiser une journée.

Les montagnes, les lacs et les glaciers présentés partout sur ce site forment un décor spectaculaire pour des vacances. Ils sont aussi, et ont toujours été, un foyer. Les deux sont vrais à la fois, et un voyage à Banff est plus complet en retenant les deux.

Questions sur l’histoire et les expériences autochtones à Banff

Quelles nations autochtones détiennent un territoire à Banff National Park et alentour ?

Les nations Stoney Nakoda (Îyârhe Nakoda), la Confédération des Pieds-Noirs (Siksika, Kainai et Piikani) et la nation Tsuut’ina détiennent toutes un territoire au sein du Traité 7, qui couvre la région de Banff. Du côté de la Colombie-Britannique, autour des parcs nationaux de Yoho et Kootenay, c’est la nation Ktunaxa qui détient un territoire.

La création du parc national de Banff a-t-elle eu un impact sur les peuples autochtones ?

Oui. Lorsque la réserve des sources chaudes a été déclarée en 1885, puis étendue en parc national de Banff dès 1887, la chasse et les autres usages traditionnels du territoire à l’intérieur des nouvelles limites du parc ont été progressivement restreints pour les nations du Traité 7 qui vivaient sur ces terres et les utilisaient depuis des générations. La fondation du parc n’est pas un événement neutre ou sans conséquence dans cette histoire.

Qu’est-ce que le Buffalo Nations Luxton Museum ?

C’est un musée situé sur la rive sud de la rivière Bow à Banff, construit autour de la collection de Norman Luxton, qui présente la culture matérielle et l’histoire des nations des Plaines et des Rocheuses de la région. C’est un point de départ utile, même s’il s’agit d’une institution fondée par un colon plutôt que d’un centre culturel géré par une nation, ce qu’il convient de garder à l’esprit.

Existe-t-il des visites ou expériences réellement menées par des Autochtones près de Banff ?

Oui, même si elles restent limitées en nombre par rapport à l’offre touristique globale de la ville. Cherchez spécifiquement des visites et programmes culturels dont les guides s’identifient comme membres des nations Stoney Nakoda, Pieds-Noirs ou Tsuut’ina, plutôt que de supposer qu’une visite étiquetée « à thème autochtone » est menée ou détenue par des Autochtones.

Le Banff Indian Days a-t-il toujours lieu ?

Le Banff Indian Days était un rassemblement récurrent organisé à Banff pendant une grande partie du XXe siècle, qui réunissait les Stoney Nakoda et d’autres participants du Traité 7 en ville pour des cérémonies, des épreuves sportives et des échanges culturels avec les visiteurs. Il fait aujourd’hui partie des archives historiques évoquées par les musées locaux plutôt que d’un événement annuel toujours organisé ; les visiteurs devraient vérifier la programmation actuelle plutôt que de supposer qu’il se tient encore.

Que faut-il éviter concernant l’histoire autochtone à Banff ?

Évitez de traiter la culture autochtone comme un décor de photo, évitez de supposer que toute attraction estampillée « authentique » ou « légende » a un lien réel avec une nation du Traité 7, et évitez d’utiliser des noms inventés ou génériques pour désigner des nations, des sites ou des cérémonies. En cas de doute, le musée et les documents propres à chaque opérateur de visite sont la source à consulter, jamais la supposition.

Où en apprendre davantage sur l’histoire du Traité 7 au-delà d’un simple après-midi à Banff ?

Le Buffalo Nations Luxton Museum à Banff reste le point de départ le plus direct en ville. Au-delà, Calgary et l’ensemble de la région abritent d’autres sites et événements culturels liés au Traité 7, et les nations elles-mêmes restent la meilleure source pour connaître la programmation actuelle, celle-ci changeant d’une année sur l’autre.

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