Le canyon Johnston et les Ink Pots : le guide complet de la randonnée
Le canyon Johnston est-il une randonnée facile ?
Les chutes basses, à 1,1 kilomètre aller, se rejoignent par une marche facile sur asphalte puis passerelle. Mais le sentier emprunte des passerelles en acier boulonnées à la paroi du canyon, et ces passerelles gèlent d'environ octobre à mai. Des crampons sont recommandés en dehors de l'été, et les chutes hautes (2,7 kilomètres) et les Ink Pots (5,8 kilomètres) ajoutent une vraie distance et une montée plus soutenue.
Ce que le sentier implique réellement
Le canyon Johnston se trouve sur la Bow Valley Parkway, l’ancienne route 1A qui relie Banff à Lake Louise, et c’est l’une des randonnées courtes les plus fréquentées du parc national de Banff. La raison est simple : un canyon calcaire creusé par le ruisseau Johnston, deux chutes accessibles à pied en quelques heures et, pour ceux qui poursuivent, une série de sources minérales froides appelées les Ink Pots tout au bout.
Le hic tient à la façon dont on y accède. Une bonne partie du parcours emprunte des passerelles et des platelages en acier boulonnés directement à la paroi du canyon, suspendus à quelques mètres au-dessus du ruisseau. Cette construction est ce qui rend les chutes basses accessibles à presque tout le monde en été. C’est aussi ce qui transforme cette randonnée en une expérience réellement différente en hiver et en intersaison, quand les embruns du ruisseau gèlent sur ce même platelage métallique. Cette page traite ces deux réalités comme un seul sentier, et non comme une « jolie balade » qu’on ferait de la même façon quel que soit le mois de l’année.
Ce guide couvre les chutes basses, les chutes hautes et le prolongement jusqu’aux Ink Pots. Il ne couvre pas le canyon Marble dans le parc national Kootenay ni le canyon Maligne près de Jasper — ce sont deux canyons distincts, dans des parties différentes des Rocheuses, chacun avec sa propre page.
Distances, en chiffres aller depuis le départ du sentier
La signalétique de Parcs Canada indique les distances aller depuis le départ du sentier, et c’est la convention utilisée ci-dessous. Doublez chaque chiffre pour l’aller-retour que vous marcherez réellement, sauf si vous rebroussez chemin plus tôt.
| Segment | Distance aller | Aller-retour | Revêtement |
|---|---|---|---|
| Départ du sentier aux chutes basses | 1,1 km | 2,2 km | Chemin asphalté, puis passerelle en acier le long de la paroi du canyon |
| Chutes basses aux chutes hautes | 2,7 km au total | 5,4 km | Sentier forestier, puis montée en passerelle plus raide jusqu’au point de vue haut |
| Chutes hautes aux Ink Pots | 5,8 km au total | 11,6 km | Sentier forestier puis prairie ouverte, montée régulière mais modérée |
Comptez 30 à 45 minutes aller-retour pour les seules chutes basses, 1 h 30 à 2 heures aller-retour si vous poussez jusqu’aux chutes hautes, et 3 à 4 heures aller-retour pour la marche complète jusqu’aux Ink Pots. Ajoutez du temps pour la photographie et pour l’inévitable ralentissement derrière d’autres randonneurs sur les sections de passerelle les plus étroites — ce n’est pas un sentier où l’on impose son propre rythme en juillet.
Les chutes basses (1,1 km)
La marche jusqu’aux chutes basses est celle que font la plupart des visiteurs à la journée depuis Banff, et sur le papier elle est facile : un chemin asphalté sur le premier tronçon, puis une passerelle boulonnée dans la roche qui longe la paroi du canyon avec le ruisseau qui gronde en contrebas. Vers la fin, un court tunnel dans la roche mène à une plateforme d’observation à quelques mètres de la base des chutes, assez proche pour sentir les embruns par une journée chaude.
La contrepartie de cet accès facile, c’est la foule. Cette section peut créer de sérieux bouchons en milieu de journée en juillet et en août — la passerelle est étroite, il n’y a nulle part où se croiser dans les virages les plus serrés, et un groupe qui avance lentement devant vous impose son rythme, qu’on le veuille ou non. Si l’objectif est une marche rapide et peu exigeante depuis Banff, ce segment le permet, mais arrivez tôt ou tard pour en profiter réellement plutôt que de faire la queue.
Les chutes hautes (2,7 km)
Passé les chutes basses, le sentier laisse la foule nettement derrière lui, grimpe plus régulièrement, et atteint une seconde section de passerelle menant au point de vue des chutes hautes. Les chutes hautes sont plus hautes et, la plupart des jours, plus calmes que les chutes basses — cela vaut la distance supplémentaire si vous avez les jambes et le temps. La passerelle y est par endroits plus raide et plus étroite que dans la section basse, ce qui compte davantage en hiver qu’en été.
Beaucoup de visiteurs font demi-tour aux chutes hautes, ce qui est un point d’arrêt raisonnable si votre journée comprend aussi Lake Louise ou le lac Moraine et que vous essayez de garder la matinée gérable. Si vous avez encore deux à trois heures devant vous, la meilleure partie du sentier — celle où règne un vrai calme — reste à venir.
Les Ink Pots (5,8 km)
Passé les chutes hautes, le sentier abandonne complètement les passerelles et le canyon. Il grimpe en forêt avant de s’ouvrir sur une vaste prairie subalpine avec vue sur la chaîne Sawback, et c’est ici que la majeure partie de la foule des chutes basses a déjà rebroussé chemin. Les Ink Pots elles-mêmes forment un groupe de petites mares alimentées par des sources, à température constante qui les empêche de geler même en hiver — le sable au fond bouillonne visiblement à mesure que l’eau riche en minéraux remonte du sous-sol, ce qui constitue tout l’intérêt du lieu et la raison pour laquelle le nom lui est resté.
Il n’y a aucune installation aux Ink Pots — ni toilettes, ni nourriture, ni couverture téléphonique fiable. Remportez ce que vous apportez, et considérez la prairie comme un endroit où s’asseoir et déjeuner plutôt que comme une destination avec des commodités. Le contraste avec les chutes basses bondées, à vingt ou trente minutes de marche en contrebas, est la principale raison de faire le trajet complet plutôt que de s’arrêter aux chutes hautes.
Passerelles, glace, et pourquoi ce n’est pas un sentier réservé à l’été
L’élément le plus important à connaître sur le canyon Johnston, celui qui prend au dépourvu les visiteurs qui s’attendent à une simple promenade sur boardwalk : les passerelles qui rendent ce sentier accessible en été deviennent un danger par temps froid. Les embruns du ruisseau se déposent sur le platelage métallique et les mains courantes et gèlent, et cette glace n’est pas toujours évidente à repérer sous le pied, en particulier dans les sections ombragées du canyon qui reçoivent peu de soleil direct.
D’environ octobre à mai, attendez-vous à de la glace sur au moins une partie du parcours, et anticipez-la plutôt que de la découvrir à mi-chemin sur une passerelle. Des crampons à glace amovibles — du type vendu dans les magasins de plein air à Banff et à Canmore — font une réelle différence sur les tronçons les plus raides près des chutes hautes. Des bâtons de marche aident à l’équilibre sur les sections basses plus plates mais tout aussi glissantes. Rien de tout cela n’est facultatif en décembre ou en janvier ; c’est plutôt quasi obligatoire.
Pour ceux qui préféreraient ne pas apporter ou louer de crampons et gérer seuls les sections verglacées,
une marche guidée sur glace jusqu’aux chutes basses gelées
fournit les crampons, maintient un rythme adapté aux conditions, et apporte un éclairage sur la géologie du canyon qu’une visite hivernale en solo tend à laisser de côté. C’est une expérience réellement différente de la version estivale de cette randonnée — les chutes elles-mêmes gèlent en colonnes de glace — pas simplement une version plus froide de la même marche.
Foule et horaires
Le canyon Johnston attire une part disproportionnée du trafic des visites d’un jour depuis Banff, car il offre un vrai résultat pour très peu d’effort — du moins jusqu’aux chutes basses. Cette popularité fait que le parking du départ de sentier se remplit tôt, que la passerelle des chutes basses crée des bouchons en milieu de journée, et que toute l’expérience s’améliore nettement si vous décalez votre visite hors de la plage de 10 h à 16 h en juillet et en août.
Le petit matin reste l’option la plus fiable : la lumière est meilleure pour les photos dans les sections ombragées du canyon, le parking a encore des places, et la passerelle des chutes basses est praticable plutôt qu’engorgée. L’intersaison — mai, juin, septembre et octobre — réduit nettement la fréquentation, même si c’est précisément la période où la glace est le plus susceptible d’être présente sans que ce soit forcément attendu, donc vérifiez l’état actuel du sentier avant de supposer qu’une visite de printemps ou d’automne signifie des passerelles sèches.
Y accéder et se garer
Le canyon Johnston dispose de son propre parking de départ de sentier, directement sur la Bow Valley Parkway, à peu près à mi-chemin entre Banff et Lake Louise. En pleine saison estivale, ce parking se remplit généralement en milieu de matinée, après quoi les véhicules font la queue sur le bas-côté ou repartent tenter leur chance plus tard. Les lignes de Roam Transit desservent Banff, Canmore, le lac Minnewanka, le mont Sulphur, Tunnel Mountain et Lake Louise, mais aucune ne dessert le canyon Johnston — un véhicule privé, un taxi ou une excursion organisée est le seul moyen pratique d’atteindre le départ du sentier sans voiture personnelle.
Un détail saisonnier à vérifier avant une visite de printemps : le tronçon est de la Bow Valley Parkway est fermé aux véhicules du 1er mars au 25 juin chaque année, afin de protéger la faune pendant une période sensible. La question de savoir si cette fermeture affecte l’accès véhiculé à l’embranchement du canyon Johnston peut varier selon les années, alors confirmez la signalétique actuelle ou l’état de la parkway publié par Parcs Canada plutôt que de présumer d’un côté ou de l’autre si vous prévoyez une conduite en fin de printemps.
Options guidées et ce qu’elles apportent
Une voiture de location et une carte imprimée suffisent pour les chutes basses et hautes en été. Là où une option guidée justifie son coût, c’est pour la traction hivernale et la connaissance du parcours, ou lorsque le canyon Johnston n’est qu’une étape parmi d’autres et que vous préférez ne pas gérer vous-même la conduite et le minutage.
Une randonnée guidée jusqu’aux Ink Pots
est ce qui se rapproche le plus de faire le trajet complet en indépendant, avec l’avantage d’un guide qui impose un rythme réaliste pour les 11,6 kilomètres aller-retour et qui explique ce que représentent réellement la prairie et les mares.
Pour une journée qui combine ce canyon avec d’autres étapes de la vallée de la Bow en une seule réservation,
une excursion d’une demi-journée associant le canyon Johnston à la télécabine de Banff, au Cave and Basin et au lac Minnewanka
couvre plus de terrain qu’une matinée organisée soi-même ne le permettrait confortablement. Et pour les visiteurs qui partagent leur temps entre Banff et Lake Louise,
une excursion d’une journée reliant le canyon Johnston à Lake Louise et au lac Emerald
supprime entièrement le casse-tête du stationnement, au prix d’un horaire fixe plutôt que le vôtre.
Aucune de ces options n’est nécessaire pour une simple visite estivale des chutes basses — cette partie du sentier est vraiment simple à faire par ses propres moyens. Elles se justifient quand la glace hivernale, un itinéraire chargé, ou l’absence de voiture change la donne.
Où cela s’inscrit dans un séjour à Banff
Le canyon Johnston fonctionne bien comme complément d’une demi-journée plutôt que comme programme complet d’une journée, ce qui explique qu’il apparaisse dans tant d’excursions combinées. Si vous le faites en indépendant, il se combine naturellement avec une visite du mont Norquay le même jour, puisqu’il ajoute peu de temps de conduite depuis la Bow Valley Parkway.
Pour un aperçu plus large de la place du canyon Johnston parmi les autres marches courtes de Banff, consultez notre tour d’horizon des meilleures randonnées à la journée de Banff par niveau de difficulté, et pour des sentiers qui évitent complètement les passerelles et la foule, notre liste des sentiers faciles et accessibles autour de Banff offre une comparaison utile.
Quiconque prépare un séjour plus long devrait consulter notre itinéraire de randonnée sur plusieurs jours à Banff, qui place le canyon Johnston aux côtés d’autres sentiers plutôt que d’essayer de tout caser en une seule journée surchargée. Les visiteurs d’hiver qui planifient en fonction de la glace et de la lumière du jour devraient aussi lire notre guide de la conduite hivernale dans les Rocheuses avant de s’engager pour une journée complète en plein air pendant les mois froids.
La faune est ici une considération réelle, pas une formalité — c’est un territoire d’ours, et le guide de sécurité face aux ours explique comment transporter une bombe anti-ours de façon responsable, y compris le fait que les cartouches ne peuvent pas voyager par avion, en cabine ou en soute. Si vous conduisez sur la parkway elle-même, notre guide d’observation de la faune sur la Bow Valley Parkway détaille la fermeture saisonnière et explique pourquoi ce tronçon de route vaut le détour hors des dates de fermeture, en dehors de la Transcanadienne.
Enfin, pour garder les comparaisons de canyons bien en tête : cette page traite du canyon Johnston, sur la Bow Valley Parkway. Le canyon Marble dans le parc national Kootenay et le canyon Maligne près de Jasper sont des sentiers différents, dans des parcs différents, et ni l’un ni l’autre ne remplace le premier — chacun mérite d’être fait pour lui-même si votre itinéraire vous y mène. Pour une orientation générale sur la place du canyon Johnston parmi les canyons et chutes de Banff, cette page hub est le point de départ.
Le canyon Johnston et les Ink Pots : vos questions
Combien de temps dure la randonnée jusqu’aux Ink Pots ?
Les Ink Pots se trouvent à 5,8 kilomètres aller depuis le départ du sentier, soit 11,6 kilomètres aller-retour si vous revenez par le même chemin. Comptez 3 à 4 heures pour l’aller-retour à un rythme confortable, plus si vous vous arrêtez manger dans la prairie.
Faut-il des crampons ou des crampons à glace au canyon Johnston ?
D’environ octobre à mai, oui. Les passerelles se trouvent juste au-dessus des embruns du ruisseau, et ces embruns gèlent sur le platelage métallique et les mains courantes. Des crampons amovibles font toute la différence entre une marche maîtrisée et un vrai risque de glissade sur les sections les plus raides près des chutes hautes.
Le canyon Johnston est-il fréquenté ? Quel est le meilleur moment pour y aller ?
C’est l’un des sentiers courts les plus visités au départ de Banff, et les passerelles étroites créent vite des bouchons. Arrivez avant 8 h ou après 18 h en juillet et août, ou visitez un jour de semaine en intersaison, pour éviter la file d’attente sur les passerelles métalliques.
Peut-on faire le canyon Johnston en hiver ?
Oui, et c’est l’une des marches hivernales les plus prisées près de Banff, mais les conditions diffèrent d’une balade estivale. Les crampons à glace sont quasiment indispensables, la lumière du jour est courte, et une marche guidée sur glace jusqu’aux chutes basses gelées est un moyen simple d’en profiter, équipement fourni et sans avoir à trouver son chemin soi-même.
Le canyon Johnston est-il accessible aux poussettes ou aux fauteuils roulants ?
Le premier tronçon vers les chutes basses suit un chemin asphalté avant de se rétrécir sur les passerelles, ce qui convient à une poussette robuste sur une courte distance par temps sec en été. Les passerelles elles-mêmes comportent des marches, des virages serrés et aucune place pour se croiser, ce qui exclut les fauteuils roulants et la plupart des poussettes au-delà des premiers centaines de mètres.
Où se garer pour le canyon Johnston ?
Il y a un parking de départ de sentier directement sur la Bow Valley Parkway, et il est petit par rapport à la demande. En juillet et août, il se remplit généralement en milieu de matinée, après quoi les véhicules font la queue ou se garent sur le bas-côté. Roam Transit ne dessert pas le canyon Johnston, donc un véhicule privé, un taxi ou une excursion organisée est le seul moyen d’y accéder sans voiture.
Quelle est la différence entre les chutes basses, les chutes hautes et les Ink Pots ?
Les chutes basses, à 1,1 kilomètre, sont la section facile, fréquentée, asphaltée puis en passerelle que font la plupart des visiteurs à la journée. Les chutes hautes, à 2,7 kilomètres, ajoutent une montée en passerelle plus raide et un point de vue plus petit et plus calme. Les Ink Pots, à 5,8 kilomètres, quittent le canyon et la foule pour un sentier en forêt et en prairie menant à des sources minérales froides dont le sable bouillonne au fond.
Le canyon Johnston est-il la même chose que le canyon Maligne ou le canyon Marble ?
Non. Le canyon Johnston se trouve sur la Bow Valley Parkway, près de Banff. Le canyon Maligne est une gorge calcaire distincte près de Jasper, à environ 300 kilomètres au nord. Le canyon Marble se trouve dans le parc national Kootenay, en Colombie-Britannique. Les trois comportent des passerelles et des parcours de canyon, mais ce sont des sentiers différents dans des parcs différents.
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